Les variétés
de
la Dionée

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Mise à jour : mardi 22 avril, 2008


Vous pouvez utiliser directement le menu ci-dessus ou lire l'introduction qui présente les mêmes liens. Si vous ne connaissez pas l'anatomie de la Dionée (par exemple la différence entre feuille prostrée et feuille érigée) je vous conseille d'abord la page sur l'anatomie.


© 2008 CarniBase

Existe-t-il plusieurs espèces de Dionée ?

Non, il n'existe pas d'autre espèce que Dionaea muscipula, originaire précisément de la plaine côtière atlantique des U.S.A., dans les Carolines et plus précisément dans un rayon de 100km autour de la ville de Wilmington sur la côte de la Caroline du Nord. A noter que cette donnée (que je n'ai pas été vérifier moi-même !) exclue la Caroline du Sud à 10 kilomètres près alors qu'elle est réputée présente dans cet état dans d'autres sources... Si vous en savez plus...
Elle existe aussi en Floride mais elle n'est pas autochtone.

Mais les particularités extraordinaires de cette plante font qu'elle est intensément cultivée ce qui entraîne la création de variétés horticoles appelées aussi cultivars.

Remarque sur la coloration des feuilles

Il y a toujours un pigment rouge présent dans les plantes vertes, de la famille des caroténoïdes, celui qui apparait qaund la chlorophylle diminue en automne d'où les couleurs typiques à cette saison. Le fait est bien connu des peintres qui en ajoutent toujours pour rendre réaliste les arbres, etc. La couleur d'une feuille de Dionée évolue aussi pendant la saison. Le rougissement n'est pas vraiment une réaction à la lumière : les limbes inférieurs de la variété "Akai Ryu", par exemple, deviennent très foncés en hiver et reverdissent partiellement au printemps. On peut donc dire qu'il s'agit plutôt d'une adaptation au besoin de lumière : un excès de lumière peu réduire la quantité de chloroplastes et le rouge apparaitra plus vif, moins foncé, et on aura l'impression que la plante se protège en rougissant, pas assez de limière (besoin accru au printemps) et le rouge sera plus foncé mais les parties vertes seront d'un vert plus foncé également.

Une coloration intense des pièges est très recherchée par les amateurs et pendant des années on n'y comprenait pas grand chose : pour un même clone, une année ils étaient rouge-vif, une autre très pâles... On changeait alors l'exposition, il semblait que cela agissait et puis finalement non puisque les plus rouges n'étaient pas forcément en plein soleil.

En 2001 j'avais acquis un plant de la variété "Rouge Sombre" mais dont les pièges étaient pourtant ordinaires. J'ai bien nourri la plante pour la booster un peu mais l'année suivante ce n'était pas mieux voire pire, j'ai pas contre pu la bouturer beaucoup. J'ai donc placé mes plants en extérieur en plein soleil et en été 2004 ils étaient toujours aussi "tristes". Brusquement, pendant l'hiver, je remarque dans ma serre une plante aux couleurs incroyables, des pièges rouge-foncé qui contrastaient avec le reste de la plante vert-jaune : c'était mon plant principal de "Rouge Sombre" ! Alors là, je n'y comprenais rien, c'était le plant donc je m'étais le moins occupé... Il était même resté avec une lumière modéré.
J'ai commencé à me demander si le fait de nourrir la plante ne diminuait pas les couleurs. Dans les années qui ont suivi j'ai donc essayé d'être plus attentif à cet aspect mais c'était un peu plus compliqué que ça : tout ce passait comme si le phénomène était beaucoup plus sensible en lumière atténué. Les plantes en plein soleil à l'extérieur attrapaient pas mal d'insecte pendant tout l'été et manifestaient des couleurs assez vives...

J'ai lu alors un article consacré à la culture in vitro. L'auteur cherchait les meilleures compositions au niveau hormonal, concentration en sels, etc. pour legel utilisé. Ce qui a fait "tilt" c'est juste une phrase accessoire : les pièges étaient curieusement plus colorés lorsque le gel contenait plus de sucre. Cela n'avait pas beaucoup d'intérêt pour lui puisque sont but était d'augmenter la production mais c'était une confirmation : évidemment, plus de sucre mais autant de sels minéraux, c'est bien une manière de modifier le rapport "énergie/matière disponible" ! La nature a sélectionné une adaptation particulière : une plante qui reçoit beaucoup d'énergie doit compenser en ayant plus de sels minéraux et elle ne peut le faire qu'en attrapant plus d'insecte. Une plante qui a peu d'énergie ne pourra pas utiliser ces sels minéraux et il y a intérêt pour la colonie que ce soit les autres plants qui en profite, le nombre d'insectes n'étant pas extansible.

Donc la coloration des pièges QUI POUSSENT sera plus vive :

- quand on place la plante en pleine lumière (plus de sucre dans la sève pour une teneur constante en sels minéraux,

- quand la plante sort de l'hibernation même à l'ombre et que le substrat est récent (quantité de sucres dans la sève importante mais sels minéraux venant du substrat modéré),

- quand la plante consomme peu de proies (proportion de sucre excédentaire par rapport aux sels minéraux disponibles).

Quand le substrat se dégrade la teneur en sels minéraux devient très importante et il devient diffcile d'obtenir ou conserver des couleurs vives.

Une plante qui consomme des insectes pousse plus vite mais est BEAUCOUP moins colorée au niveau des pièges.

La coloration est plus intense chez les jeunes plantes, sans doute pour une raison analogue liée au petit nombre de racines d'où un approvisionnement en sels minéraux plus réduit. Il y a peut-être tout simplement un facteur taille qui intervient aussi : après tout une petite plante a un intérêt "vital" à attirer les insectes.

Autres remarques utiles pour la détermination

  • Pour les novices, attention au mot "forme" qui désigne selon le contexte, le contour anatomique (sens usuel, par exemple la forme d'une feuille), l'aspect général d'un être en entier (pour distinguer la forme type des formes prostrées, érigées, vertes, géantes, adultes, juvéniles...) et, par extention, l'ensemble des plantes qui ont l'aspect (ou les aspects) en question, d'où une confusion avec le sens du mot "variété". Cette nuance est générale pour tous les êtres vivants... On peut parler de la forme correspondant à une région et c'est souvent le début d'une différenciation qui conduira à l'apparition d'espèces nouvelles. Chez les Sarracenia il est ainsi très fréquent d'indiquer la localité d'origine tellement cela varie mais ce cas ne semble pas relevé pour la Dionée.
  • On parle ici de formes adultes (par définition lorsqu'elles ont déjà fleuri) : les formes juvéniles peuvent avoir un aspect différent.
  • La forme des feuilles évolue dans la saison. Chez la forme type, au printemps elles poussent fines et allongées (sans doute pour traverser tout ce qui est apparu sur le sol pendant l'hiver) puis ont tendance à apparaître repliées à angle droit vers le sol et en s'élargissant - tout ce qui était au-dessus est donc "rabattu", la plante légèrement soulevée, la surface pour la photosynthèse augmente alors que la luminosité naturelle diminue. Les formes prostrées ont souvent quelques feuilles érigées mais les rosettes plaquées au sol restent largement majoritaires. L'inverse est également vrai pour la forme érigée !
  • N'essayez pas de déterminer les caractéristiques seulement en début de saison avec des jeunes feuilles car elles les manifestent souvent beaucoup moins voire pas du tout ! Vous aurez souvent des pièges moins colorés avec dents normales, etc. Vous devez tenir compte de l'aspect en début de saison mais ce n'est qu'une indication mineure intéressante.
  • En revanche, c'est en début de saison que l'on caractérise les types prostrés : forcément ce type ne produit que très peu les feuilles érigées qui n'apparaissent qu'à ce moment là. Et inversement, c'est en fin de saison que les formes érigées se remarquent puisque ce sont les seules qui persistent à ne produire pratiquement que des feuilles érigées pendant que les autres sont passées aux feuilles prostrées.
  • Ne pas se baser sur les organes ayant un aspect exceptionnel et anormal dans un plant donné, mais l'information est tout de même intéressante à consigner, photographier. Il y a quelques années j'ai photographié un plant qui produisait presque plus que des feuilles sans piège, comme cela arrive de temps en temps pour une ou deux. Plus récemment pour illustrer un article ("Pétiole ou limbe inféreiur ?") j'ai recommencé avec un autre cas qui se présentait. C'est alors que je me suis rendu compte qu'il s'agissait de la même plante ! Bref, apparemment il s'agit d'une nouvelle variété (plutôt nouveau clone) que je pense nommer "Vestigial" en référence à la mutation bien connues chez la Drosophile qui produit des ailes atrophiées.
  • Les noms donnés par les horticulteurs sont surtout commerciaux. Le cultivar "Big Traps" n'a pas les pièges spécialement gros... C'était relativement vrai sans doute à l'époque mais cela fait bien des années que des formes géantes sont apparues. "Yellow" a pris un joli vert chez moi en quelques mois - sans nourriture et avec du soleil, il jaunit par la suite !
  • Il y a une confusion entre quelques noms de variété : plusieurs qui désignent la même chose ou, pire, un seul pour plusieurs plantes. Cela concerne par exemple "Adrian Slack", Dentata, Dentate, Dentate Trap... Retour en haut de page
Présentation thématique

En 2003 il devait exister au moins quatre-vingt cultivars connus mais en 2007 je pense que l'on peut doubler. J'en cultive une importante quantité (plus de 90 en février 2008) qui m'a permis d'illustrer considérablement ma liste de culture - et d'échange. En attendant une intégration dans le présent dossier, cette liste vous aidera beaucoup à reconnaître de nombreuses variétés classées par ordre alphabétique.

Dans cette partie, voici une présentation un peu plus originale des cultivars (variétés de culture). Toutes les particularités de la plantes peuvent être exagérées :

  • couleurs : verte ("All Green", "Tall Green"), rouge seulement à l'intérieur du piège ou également l'extérieur ou encore entièrement rouges ("Akai Ryu", "Royal Red", et leurs descendants qui ne devraient plus être nommés ainsi), rose foncé ("Pink Venus"), dégradés roses au coeur du piège (var. "'Chunky"), liseré rouge qui longe les dents à certains moment de l'année (var. "Red Line"), etc. La forme jaune (var. "Yellow") jaunit en été à condition d'être en pleine lumière et d'être peu nourrie. On observe aussi des différences au niveau des fleurs, notamment les pétales (nom masculin !) qui peuvent être d'un blanc pur à blanc cassé. Le pistil des formes rouges peut être de cette couleur.
  • dents des pièges :
    • très longues,
    • très courtes ; il règne pour l'instant beaucoup de confusion dans les noms. On trouve en effet "Dent de requin", "Shark Teeth", "Dentée" ou "Dentate Traps" alors que j'ai observé deux nuances :
      • avec fréquemment des divisions secondaires qui rappellent certaines dents de requin. Ce n'est que cette variété qui devrait porter un nom rappelant le fait... Les dents sont très peu épaisses, comme membraneuses, pour moi il s'agit d' une mutation qui empêche la production des vraies dents et révèle l'aspect plus ancien des lobes...
      Dionée 'Shark teeth' "Dent de requin" de Nature et Paysages, avec divisions secondaires
      • sans divisions secondaires (c'est le cas de la "Shark Teeth" ci-dessous, de chez Triffid). Les dents sont plus épaisses et présentent rarement des divisions secondaires.

      Dionée 'Shark teeth' "Shark Teeth"
    • très courtes et nombreuses, comme hachées par des ciseaux. J'ai trouvé des plants portant le nom de var. "Dentée" mais le nom officiel est "Sawtooth" c'est-à-dire "Dent-de-scie". "Dentata" a du être abandonné à cause de la forme latine réservée.
    • Dionée 'Sawtooth'"Sawtooth" ex "Dentata"
    • très courtes et très étroites chez la Microdent
    • Dionée 'Microdent' "Microdent"
    • de taille normale mais multiples (var. "Multidents") : certaines dents sont remplacées par un faisceau de deux ou trois dents
    • Dionée 'Multidents'
    • fusionnées (var. "Fused Tooth"). C'est un peu une grosse exagération du caractère précédent. Une de mes préférées, d'autant qu'elle est belle et très vigoureuse, avec des feuilles extrêmement rigides, un peu cassantes...
    • Dionée 'Fused Tooth'
  • Lobes soudés entre eux : soit, par l'extrémité distale, ce qui forme des cuillères (var. "Cup Trap", cf. photo) soit, par l'extrémité proximale, ce qui donne des entonnoirs (var. "Funnel Trap" = "Trichterfalle" que l'on peut traduire par "Baisse de l'illusion" car le caractère disparaît sur les feuilles en début de saison. Chez cette variété se produit un autre phénomène, l'apparition de nombreuses crêtes sur le limbe inférieur durant toute la saison, phénomène dont on ne voit pas le rapport avec la forme du piège...
  • Dionée 'Cup Trap'
    Variété "Cup Trap"
    Dionée 'Funnel Trap'
    Variété "Funnel Traps"
  • nombre de poils sensitifs : au lieu de trois par lobe il y en a quatre ou cinq (var. "Multisensitive" en particulier ) ou seulement deux (plusieurs variétés développées par Best Carnivorous Plants). Ce caractère s'observe toutefois, mais moins souvent, avec les autres variétés, en particulier pour des pièges de taille anormale.
  • longueur de l'attache du piège : importante (var. "Crested Petioles") ou inexistante - var. "Fused Petiole", qui était suspecte car connue d'abord que par une seule photo, mais quiexiste maintenant même en rouge - "Red Fused Petiole".
  • longueur de denticules qui apparaissent sur le limbe près de l'attache : var. " Long Red Fingers", voire "Crested Petioles" dans une certaine mesure.
  • forme et position des feuilles : forme prostrée ("collées" au sol) ou érigée, limbe large ou étroit (filiformis)
  • Dionée 'filiformis'Variété "filiformis", feuilles érigées, limbe étroit très lignifiés.
  • taille : formes géantes (nombreuses mais pas forcément nommées ainsi) ou naines qui sont assez rares et avec des fleurs de taille normale ! On parle de formes néoténiques car elles fleurissent malgré cette petite taille mais le terme est abusif car il n'y a pas vraiment un type juvénile différent d'un type adulte. La vraie néoténie concerne les formes larvaires des animaux.
  • Une poignée de cas recensés ont présenté quelques pièges recouverts de longs poils qui les rendaient inutilisables. Ces formes seraient apparues sous l'action d'engrais. Les trois plants les plus anciens sont redevenues normaux ensuite, les plus récents sont encore en l'état mais sont connus depuis très peu... J'ai pensé qu'Il s'agissait peut-être de la réactivation d'un gène qui produisait les poils que possédaient autrefois les ancêtres de la Dionée... N'oublions pas que Dionée, Aldrovanda et tous les Drosera ont des ancêtres communs. Aldrovanda possède toujours ces poils en nombre réduit dans le piège et ils ne sont pas assimilables aux poils sensitifs de la Dionée. Je pense maintenant qu'il s'agirait plutôt de la désorganisation d'un gène de contrôle responsable de la cohésion des tissus. Les plantes paraissent davantage "hachées" que vraiment avec des poils s'approchant d'un type primitif. Les structures qui produisaient autrefois ces poils ont finis par restées soudées chez la Dionée normale grâce à un (ou plusieurs) gène(s) mais le dysfonctionnement empêche celle-ci. Photo.
  • Les pétales sont plus ou moins divisés et plus ou moins grands, la plupart du temps identiques sur la même hampe florale. J'ai ainsi observé qu'il y a des différences au sein d'un même plant entre les fleurs de hampes différentes mais pas entre celles présentes sur une même hampe. Je n'ai encore jamais entendu parlé de ce détail pourtant facilement observable... Voici une photographie que j'ai prise d'un spécimen de la variété "Dentata". Les pétales étaient tous divisés profondément, un peu comme chez le Lychnis. L'anomalie concernait ainsi toute l'inflorescence (groupe) mais l'année suivante les fleurs étaient classiques. On verra souvent une anomalie identique sur les fleurs d'une même hampe mais la hampe voisine sera normale.

Fleurs d'une forme verte
(la forme type est moins harmonieuse)
Variété"Dentata" (="Sawtooth")
avec une anomalie des fleurs

Fleurs de la variété "Big Traps"
(rondelle = 1 cm)

Variété "Dentée" (de Nature & Paysages)
en fleurs (rondelle = 1 cm)

Bien sûr, on peut imaginer "toutes" les combinaisons :

La "Red Piranha" combine à la fois une couleur uniforme rouge foncée et des dents plus courte, larges et peu épaisses. La "Red Sawtooth" est proche mais les dents ont, bien sûr, ce hachage du bord de feuille caractéristique de la "Sawtooth" (= Dentata).

La "Funnel Trap" (= "Trichterfalle") est extraordinaire par ses pièges en forme d'entonnoir (plutôt de cornets car il n'y a pas de canal bien sûr) qui apparaissent lorsque la plante reçoit beaucoup de lumière mais aussi par ses feuilles souvent couvertes d'excroissances. Ce dernier phénomène semble surtout sensible à l'humidité de l'air plus qu'à la lumière. Elle est en photographie plus haut.

La "Louchapates" a les dents voisines fusionnées et elles sont présentes jusqu'à l'extrémité distale du piège (donc vers l'extérieur) zone normalement sans dents. Voici la première photo sur le Net - et au monde d'ailleurs :

Dionée 'perimacrodentata'Variété "Louchapates" (ex "Perimacrodentata")

Cette variété a une histoire curieuse :

Romuald Anfraix m'a affirmé en 2001 l'avoir découverte dans un lot de Dionée "Fused Tooth", ce qu'il a confirmé plus tard en 2002 dans l'article suivant. A l'évidence la plante n'a aucun rapport avec la "Fused Tooth" qui a bien d'autres caractéristiques en dehors de la fusion des dents et la comparaison est un peu artificielle. A l'origine, il m'avait personnellement contacté pour lui trouver un nom latin qui pourrait convenir. J'avais suggéré alors le nom "Perimacrodentata", ce qui pourrait se traduire par "Grande dents tout autour", nom qui utilisé dans l'article cité.
Ensuite il a tenté de déposer ce nom officiellement auprès de l'ICPS, avec sa description, mais celui-ci a été rejeté conformément à son article 17.9 : les racines latines sont réservées aux noms de la classification scientifique, pour éviter les ambigüités. Il y a plusieurs variétés qui ont ainsi été renommée comme la "Dentata" qui est maintenant la "Sawtooth".
Le piège, du fait de la présence de dents dans son prolongement, ressemble à l'ustencile de cuisine appelé "Louche à pâtes". C'est ainsi que R. Anfraix a finalement déposé en 2004 ce nom sous la forme contractée "Louchapates". Ce dépôt est confirmé par la Newletter de l'IPPS dans un article qui reprend le précédent (article en anglais). Dans l'article en question on trouve l'orthographe cohérente "Louchapates", mais il a apparemment titré son article avec "Louchapattes" (haut de page) comme s'il s'agissait des "pattes" d'un animal ;-). R. Anfraix nous a habitué à une orthographe délirante... mais de là à ne pas être capable d'écrire les noms qu'il invente lui-même ;-). N'oubliez quand même pas le "s" ! Pour compliquer les choses il parle aussi de l"quivalent du nom en anglais, ce qui fait qu'elle risque aussi être diffusée sous le nom - "Noodle Ladle" :-(.
En 2006, on ne trouve pas trace de la moindre diffusion de sa plante et plusieurs personnes me l'on demandée en m'expliquant qu'il invoquait toujours les motifs les plus variés, entre autres qu'elle pousserait trop lentement...
En réalité, cette variété est plus ancienne que sa prétendue découverte ! Elle a été créée grâce à l'utilisation d'hormones sous culture in vitro il y a longtemps en Europe, par un Allemand qui l' a diffusée en petite quantité, à l'époque sans aucun nom. J'ai quelques raisons de croire que ce fameux lot de plantes venait de chez son créateur. (Je tais son nom pour préserver sa tranquilité, il est âgé de plus de 90 ans à l'heure où j'écris...) Il me semble que la moindre des choses eut été de le signaler à l'intéressé (qui lui aurait expliqué la vraie origine) au lieu de s'approprier indument une paternité officielle...

R. Anfraix semble être tombé sur un clone dégénéré qui pourrait expliquer cette prétendue croissance lente. Après quelques recherche, j'arrive à la conclusion que c'est manifestement le clone originel qui circule de nos jours, une plante normalement vigoureuse et dont j'ai vu un spécimen de fort belle taille. Le mien ne porte aucun signe de faiblesse...

Dans le doute, j'ai nommé le clone en ma possesion par "Louchapates #2" en attendant d'étudier le clone décrit par R. Anfraix. Si vous possédez ce clone je suis intéressé à fin de comparaisons. Prière de me contacter.

[NB Si vous êtes surpris de mes propos sans concession à l'égard de cette personne, sachez qu'elle s'est permise de me faire un procès plutôt que de règler un problème par téléphone... Procès perdu parce qu'il n'a pas été foutu de prouver son statut mais j'avais des tas d'emails qui montraient ma bonne foi et ses affabulations...]Retour en haut de page

Conclusion

La Dionée manifeste d'extraordinaires capacités de variations. En quelques années sont apparues une multitude de formes que l'on qualifie souvent de mutations. Ces changements visibles (ce que l'on nomme le phénotype) sont la manifestation de vraies modifications génétiques classiques mais aussi de perturbations de la régulation des gènes à l'aide d'hormones ou d'autres substances. Dans un grand nombre de cas la phase hivernale de repos s'accompagne d'une disparition de ces caractères, évidemment sur les nouvelles feuilles, ce qui rend très délicates les descriptions. Un même clone ("souche") présente aussi des aspects différents à un moment donné et beaucoup parlent alors de forme juvénile ou adulte, comme pour les Heliamphora. Cet usage pose un problème car le terme est une allusion à la reproduction sexuée : une plante est adulte uniquement lorsqu'elle a déjà fleuri et juvénile dans le cas contraire. Une bouture d'un plant adulte est donc adulte lui-aussi et son âge est celui de la plante depuis la germination, pas celui de la séparation qui n'est qu'un détail... Pourtant, une petite bouture peut très bien prendre un aspect "juvénile" au niveau du feuillage, tout en produisant une fleur si la saison le permet. Pour contourner commodément ce problème, je préfère le terme "mature" ou "immature".
Ces capacités de variations sont sans doute l'une des causes qui a favorisé l'apparition de cette feuille chez l'ancêtre commun de la Dionée et de l'Aldrovanda, unique dans le règne végétal : une espèce dont les spécimens varient facilement selon des tas de paramètres a beaucoup plus de chances d'évoluer globalement dans le temps qu'une espèce dont les plants sont d'une constance imperturbable !

Comme on l'a vu plus haut, la coloration qui est si souvent mis en avant pour décrire une plante carnivore semble varier à cause de beaucoup de facteurs, comme la taille des plants. Par exemple, la couleur est plus concentrée chez les petits plants, que ce soit par semis ou bouture, c'est bien visible chez les formes entièrement rouges. En réalité, c'est que les Dionée qui manquent de sels minéraux augmentent leur coloration : l'intérieur des pièges de plants matures peut être rouge vif et celui des plants juste à coté, très pâle. Une plante abondamment nourrie aura, par conséquent, des couleurs moins vives. Cette réaction est globalement tout bénéfice pour une population sauvage donc vis à vis de la sélection naturelle : le plant qui manque de sels minéraux va attirer plus d'insectes et survivra. On pourrait rétorquer : dans ce cas ils devraient tous être très colorés... Mais cela entraînerait que certaines plantes auraient un excès d'insectes, préjudiciable, et d'autres au contraire en manqueraient et resteraient chétifs : au bilan une population qui ne présenterait que des pièges très colorés serait moins avantagée sur le plan évolutif. Il est très important de comprendre (c'est rarement dit) que l'évolution concerne avant tout des populations (un pool génétique) plutot qu'un individu seul présenté comme le plus performant. Ce n'est pas "le meilleur qui gagne" mais le meilleur qui diffusera davantage ses gènes même si parmi eux il y a des bizarreries inutiles mais sans conséquences préjudiciables... Retour en haut de page